Associação Brasileira de Antropologia

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LA FABRIQUE DE L’IDENTITE EUROPEENNE

MAZÉ, Camille. 2014. La fabrique de l'identité européenne. Dans les coulisses des musées de l'Europe. Paris: Belin.

 

 

Clément Roux-Riou

Étudiant en Master 1 mention Identité, Patrimoine et Histoire
Université de Bretagne Occidentale/France
Stage de formation à l’Universidade Federal do Rio Grande do Norte

 

 

Clement Roux

Imagem da capa do livro

 

L’ouvrage de Camille Mazé[1], La fabrique de l'identité européenne. Dans les coulisses des musées de l'Europe, vient d’être publié en France aux éditions Belin (septembre 2014). Il présente les résultats, actualisés, de plusieurs années d’enquête, menées entre 2004 et 2010, dans le cadre d’un DEA de sciences sociales dirigé par Anne-Marie Thiesse, spécialiste de la  « création des identités nationales », puis d’une thèse de sciences sociales mention science politique, codirigée par les politistes, Pascale Laborier et Michel Offerlé. Cette thèse a reçu au Parlement européen à Bruxelles en 2012, le prix Pierre Pflimlin de « la meilleure thèse sur la construction européenne thèse d’habilitation y compris », décerné par le cercle Pierre Pflimlin et l’Institut d’études politiques de Strasbourg.

Basée sur une double approche, socio-historique et ethnographique (travail sur sources écrites, observation participante, une centaine d’entretiens approfondis), cette recherche consiste en une analyse inédite du phénomène d’européanisation des musées d’histoire et d’ethnographie nationaux. A travers de l’étude des cas de transformation de « musées de la nation » préexistants ou de créations ex-nihilo, apparus à partir de la fin des années 1980 en France (Marseille et Strasbourg), en Allemagne (Berlin et Aix-la-Chapelle), en Italie (Turin), en Belgique (Bruxelles et Schengen) et au Luxembourg (Luxembourg), ce livre couvre la totalité des projets de « musées de l’Europe », aboutis, en cours de réalisation ou avortés.  

Dans une période où certains cherchent à construire un sentiment d’appartenance à une « communauté imaginée » européenne et où d’autres peinent à dépasser le modèle des identités nationales, Camille Mazé apporte une triple contribution qui éclaire la dynamique d’européanisation politique et culturelle. Trois questions guident l’ouvrage. Par qui sont voulus et conçus les « musées de l'Europe »? Comment l’Europe y est mise en scène et de quelle(s) Europe(s) s’agit-il ? Quels sont les rapports entretenus, dans ces musées et par leurs entrepreneurs, avec l’identité et les usages politiques du musée, de la culture et du passé?

L’ouvrage renseigne tout d’abord sur l’histoire des musées, en replaçant l’actuelle transformation des « musées de la nation » dans l’histoire muséale et dans l’histoire politique des pays et de l’Europe. Il analyse les opérations de changement d’échelle de la fonction politique et symbolique de construction identitaire, historiquement confiée aux « musées de société » et interroge les stratégies et les instruments mis en œuvre dans les opérations de redéfinition des identités locales, nationales et communautaires. Il apporte ainsi un éclairage neuf sur l’action publique communautaire en matière de culture, d’histoire, de mémoire et d’identité (politiques du passé et d’identité).

Dans une première partie, l’auteure propose une sociogenèse des « musées de l’Europe » en nous renseignant sur la composition et les modalités de structuration, dans le contexte spatial et temporel de leur création, de cette nouvelle catégorie de musées d’histoire et d’ethnologie qui dépasse le cadre national. Par l’analyse des projets de refondation des musées de la nation et des créations ex-nihilo de « musées de l’Europe », l’ouvrage livre une typologie des initiatives et des porteurs de projets: ils peuvent émerger de la « société civile » et être portés par des « entrepreneurs d’Europe » (entrepreneurs culturel, intellectuels, figures politique, grands patrons), être le résultat de décisions politiques prises à l’échelon supranational par des professionnels de l’Europe, ou émaner d’autorités infra-européennes et être impulsés par des responsables politiques et administratifs (nationaux ou régionaux).

Dans une deuxième partie, l’observation et l’analyse des modalités concrètes d’entrée de l’Europe au musée, conduisent Camille Mazé à présenter ces « musées de l'Europe » comme des « centres d'interprétations ». L’auteure met ici en évidence les fonctions identitaires, idéologiques, économiques et symboliques qui leur sont assignées. Cela lui permet d’identifier les rapports problématiques à la notion d’identité européenne et au rôle politique du musée. Par l’analyse des manières de penser, de collecter et d’exposer l’Europe, l’ouvrage décrypte les procédés utilisés par les professionnels des « musées de l’Europe » pour dépasser le national. Ici, les rapports de la science au politique sont questionnés, ainsi que l’enjeu symbolique et économique des ces entreprises. Les « musées de l’Europe » se révèlent être des marqueurs potentiels du centre de l’Europe, des objets de compétition territoriale et des lieux d’affrontement stratégiques de visions différenciées de l’Europe.

Face à un foisonnement de projets, seul un petit nombre se concrétise par une ouverture au public. L’auteure propose ainsi dans une troisième partie de rendre compte des rebondissements, ralentissements ou blocages définitifs des différents projets, en mettant au jour les raisons des difficultés d’institutionnalisation des « musées de l'Europe ». L’ouvrage pointe la nécessité pour les entrepreneurs des « musées de l'Europe » à faire pression pour obtenir des soutiens politiques et économiques, au-delà des financements communautaires et européens qui se révèlent être un leurre, contraignant ainsi les professionnels des musées à se tourner vers le secteur privé pour trouver les fonds nécessaires à la réalisation de leurs projets.

En conclusion de l’ouvrage, Camille Mazé nous invite à retenir un paradoxe : si les « musées de l’Europe » semblent annoncer la disparition du modèle du « musée de la nation » ou, à tout le moins, sa transformation, il révèle sa pérennité, notamment à travers la force de la croyance accordée au musée comme outil identitaire. Nous comprenons ainsi que la nation reste une sphère identitaire, politique et administrative tenace, tandis que l’Europe et plus encore l'Union européenne, n’en est pas (encore?) une.

 

 

Clément Roux-Riou

Étudiant en Master 1 mention Identité, Patrimoine et Histoire
Université de Bretagne Occidentale/France
Stage de formation à l’Universidade Federal do Rio Grande do Norte

 

 


[1] Camille Mazé est docteure en science politique, maître de conférences en anthropologie, vice-présidente du département d’ethnologie et co-directrice du Master 2 « Développement de projets en tourisme culturel » de l’Université de Bretagne occidentale. Elle est chercheuse au CRBC (EA 4451 Brest) et au CMH (UMR CNRS 8097 Paris.

Resenhas

 

LA FABRIQUE DE L’IDENTITE EUROPEENNE

MAZÉ, Camille. 2014. La fabrique de l'identité européenne. Dans les coulisses des musées de l'Europe. Paris: Belin.

 

 

Clément Roux-Riou

Étudiant en Master 1 mention Identité, Patrimoine et Histoire
Université de Bretagne Occidentale/France
Stage de formation à l’Universidade Federal do Rio Grande do Norte

 

 

Clement Roux

Imagem da capa do livro

 

L’ouvrage de Camille Mazé[1], La fabrique de l'identité européenne. Dans les coulisses des musées de l'Europe, vient d’être publié en France aux éditions Belin (septembre 2014). Il présente les résultats, actualisés, de plusieurs années d’enquête, menées entre 2004 et 2010, dans le cadre d’un DEA de sciences sociales dirigé par Anne-Marie Thiesse, spécialiste de la  « création des identités nationales », puis d’une thèse de sciences sociales mention science politique, codirigée par les politistes, Pascale Laborier et Michel Offerlé. Cette thèse a reçu au Parlement européen à Bruxelles en 2012, le prix Pierre Pflimlin de « la meilleure thèse sur la construction européenne thèse d’habilitation y compris », décerné par le cercle Pierre Pflimlin et l’Institut d’études politiques de Strasbourg.

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GRAVIDEZ E RELAÇÕES VIOLENTAS

 

RESENHA: PORTO, Rozeli Maria. 2014. Gravidez e relações violentas: representações da violência doméstica no município de Lages – SC. Natal-RN: EDUFRN. 188 p.






Reprodução da capa do livro resenhado




Cássia Helena Dantas Sousa

Estudante de Mestrado em Antropologia Social
Universidade Federal do Rio Grande do Norte



Ao falar sobre gravidez e relações violentas em uma cidade interiorana de Santa Catarina, Rozeli Porto oferece uma contribuição muito interessante aos estudos feministas em torno do tema da agressão às mulheres. Trazendo como mote da pesquisa a descoberta de que o momento da gravidez mostra índices acentuados de violência doméstica, a autora desenvolve uma discussão escrupulosa sobre este dilema que adquire tons dramáticos no decorrer do texto, ao passo em que mostra notável sensibilidade descritiva ao discorrer sobre um tema tão delicado.

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DIGA AO POVO QUE AVANCE!


RESENHA: OLIVEIRA, Kelly Emanuelly. 2013. Diga ao povo que avance! Movimento Indígena no Nordeste. Recife: Fundação Joaquim Nabuco, Editora Massangana. 273 pp.


 

 

Joaquim Neto menor

Imagem da capa do livro




Joaquim Pereira de Almeida Neto

Graduando em Ciências Sociais
Universidade Federal de São Carlos
Bolsista FAPESP

 

"Diga ao povo que avance! Movimento Indígena no Nordeste", revisão da tese de doutorado escrita pela antropóloga pernambucana Kelly Oliveira e premiada no concurso Nelson Chaves de Trabalhos Científicos sobre o Norte e o Nordeste do Brasil – Edição 2010 –, é o resultado de um trabalho empenhado e comprometido com o Movimento Indígena no Nordeste.

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